Il était une Foi…

“Au matin du 18 mai 2016, alors que les oiseaux se mettaient à chanter dans le jardin et que le soleil se levait comme d’habitude, nous n’imaginions pas que ce jour-là, une nouvelle allait bouleverser notre vie. Si cette journée commençait comme une autre, elle s’annonçait pourtant remplie d’excitation et d’effervescence car nous nous apprêtions à jouer le soir-même un spectacle dans la cathédrale de Bordeaux.

En cette année 2016 décrétée par le Pape François « Année de la Miséricorde », ce spectacle dans lequel nous avions été enrôlés, lui-même intitulé « Miséricorde », évoquait la vie de trois fondateurs bordelais dont la Vénérable Marie-Thérèse-Charlotte de Lamourous, fondatrice de l’ordre de la Miséricorde au 18ème siècle. A l’issue du spectacle, une sœur que nous connaissions de cette congrégation religieuse vint nous annoncer que « Le Mayne » était en vente. Or le Mayne, nous le savions tous, n’était autre que la maison natale de Marie-Thérèse-Charlotte…

Ce concours de circonstances, premier d’une longue série, nous a paru fort sinon clair, ce qui nous a naturellement poussés à baptiser, quand ce fut l’heure, notre vin du nom de « Château du Mayne La Merci ».

Certes nous avions nourri dans le passé le projet de nous installer sur un vignoble et de faire notre propre vin mais, l’âge venant, nous n’osions plus nous bercer de ce doux rêve… L’ancienne propriétaire du Mayne, Catherine, avait été une amie d’enfance de Brigitte et par elle, nous aurions pu être informés de la nouvelle, mais il n’en fut pas ainsi : c’est par une autre voix que nous devions l’apprendre… ainsi vont les voies du Ciel !
C’est quand on ne s’y attend plus que l’aventure nous saisit, et c’est par la Foi qu’elle nous sourit…

Elle nous a pris au dépourvu et nous l’avons accueillie avec cette conviction que le projet ne dépendait pas seulement de nous mais nous était plutôt confié comme une mission. Une mission qui nous dépasse. C’est cette conviction qui nous a tenus sans jamais perdre notre paix intérieure durant les 9 mois qui ont suivi : temps de gestation laborieuse, éreintante, remplie d’épreuves et d’espoirs à la fois jusqu’à ce qu’enfin notre projet voit le jour.

sauternes
équipe famille Mayne La Merci

Car si cette aventure nous est apparue grandiose et séduisante par certains côtés, elle était totalement folle par d’autres, tant était grand le besoin de tout reprendre, depuis la vigne jusqu’au chai en passant par les bâtisses et le parc. C’est donc en juin 2017 qu’a débuté la folle et merveilleuse histoire du Château du Mayne La Merci, dévoilant sous un nouveau jour sa belle demeure du 18ème siècle, son parc centenaire et ses 7 hectares de vignes.

Soutenus par notre fille et associée Caroline, nous faisons désormais de notre passion notre vie quotidienne, désirant redonner ses lettres de noblesse à ce vignoble longtemps resté dans l’ombre, par une double vocation d’accueil du public et de viticulture la plus authentique et écologique possible. Et c’est en conversion biologique, dans une dynamique à la fois traditionnelle et moderne, que nous cherchons à élaborer un Sauternes haut de gamme 100% en harmonie avec son environnement, qui soit un reflet de son terroir et de son millésime.

Amateurs de bon vin, de nature et d’histoire, soyez les bienvenus ! »

Marie Thérèse Charlotte de Lamourous

de Lamourous Mayne La Merci

Marie Thérèse Charlotte de Lamourous, fille aînée de Louis Marc Antoine de Lamourous du Mayne et d’Elisabeth de Vincens, est née au Mayne le 1er novembre 1754. Elle aimait à se promener seule dans les rangs de vignes en y goûtant quelques instants d’éternité…

Quand la Révolution éclate, elle a alors 35 ans et devient l’un des piliers des œuvres de soutien aux malades, aux prisonniers et aux condamnés à Bordeaux. L’une de ses amies, Jeanne Pichon de Longueville, avait alors ouvert un lieu d’accueil pour des femmes contraintes à la prostitution pour survivre, et à la fin de la Révolution, celle-ci lui propose de reprendre la mission.

D’abord rebutée par cette idée, elle se rend tout de même en visite auprès de ces femmes avec la certitude qu’elle repartirait ensuite. Mais une fois sur place, elle déborde de compassion pour elles et leur témoigne de son affection avec chaleur et simplicité. Après leur entrevue, au moment de regagner la porte accompagnée de Jeanne et du Père Chaminade, elle leur dit : « Bonsoir, je reste…! ». C’est ainsi que Marie-Thérèse-Charlotte est devenue leur ‘Mère’, et l’Oeuvre de la Miséricorde est née.

A la demande de ses collaboratrices, l’œuvre devient ensuite une congrégation religieuse dont elle sera la fondatrice, tout en conservant sa mission. En 1989, Marie-Thérèse-Charlotte est déclarée « Vénérable » en reconnaissance de l’héroïcité de ses vertus. Les rayons de l’étiquette de notre Sauternes rappellent l’icône de la Miséricorde révélée à Sainte Faustine, sœur de l’ordre polonais de Marie-Thérèse-Charlotte.

L’héritage se perpétue aujourd’hui encore par les Sœurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde au Pian Médoc, grâce auxquelles nous sommes ici aujourd’hui…