L’écrin du Mayne

Certains lieux nous apaisent, nous soufflent des pensées,
Entrouvrant le portail de nos désirs profonds…
Il en est un précieux, au cœur du Barsacais,
Que semble avoir élu pour demeure l’émotion.

En suivant les ruelles du village animé
Un chemin s’ouvre au loin sur ce lieu hors du temps,
Un écrin préservé, unique, insoupçonné
Dont la beauté ravit poètes et savants.

Des ormeaux font du charme en ployant dignement
Leurs branches délicates sur une allée fleurie
Telle une voûte céleste, sous le soleil naissant,
Semblant tout droit mener au cœur du paradis.

Les cyclamens sauvages parsèment le sous-bois
De tâches mauves et blanches en tapis de velours
Irradiant de beauté que ne dicte nulle loi,
Comme un prince à la cour dans ses plus beaux atours.

Les chênes frémissants ondulent, feuilles au vent
Telles de riches parures de perles et d’émeraudes
Scintillant de mille feux sous l’astre rayonnant
Dont la teinte nacrée à l’aurore est une ode.

Soudain s’élève au loin une nuée de pies
Fuyant à tire-d’aile au-dessus des feuillages,
Légères et rapides, de leur traîne bleu nuit
Effleurant prestement l’écume des nuages.

Mayne La Merci parc
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Des cèdres du Liban royalement s’élancent
Le port franc et altier, l’allure décidée.
Plus loin le grand platane majestueux balance
Ses branchages volubiles quand le vent s’y complaît.

Pas un bruit étranger ne vient ici troubler
Le paisible concert dont les oiseaux nous bercent
Joyeux et mélodieux, empreint de vérité,
Il parle d’insouciance, de vie et d’allégresse.

Les crapauds et les coqs, les mésanges et les merles,
Tous répondent en chœur à cette symphonie
Dont les sons bariolés comme une pluie déferlent
Mieux rythmés qu’un orchestre, en sauvage harmonie.

Les cigales ont cessé l’entêtant chant d’été
Laissant place aux violons enjôleurs des grillons
Qui de leur éloquence discrète et spontanée,
Invitent le regard au loin vers l’horizon…

Des vignes s’y dessinent jusqu’aux pieds des collines
Évoquant l’infini, la grandeur et la vie
De tout temps surgissant comme une faveur divine
Par qui un jour d’automne un doux nectar jaillit….